Un doute, une question ? Appelez-moi

Accueil/Le Journal du Merveilleux/De l'Amour survie à l'Amour absolu

Comment passer de l'Amour survie à l'Amour absolu ?

Du point de vue de la Sagesse des Contes Merveilleux

Illustration et mode d'emploi des contes :

  • La Belle au bois dormant
  • L'Ondine dans son étang
  • Fuseau, navette et aiguille
  • Mushkil Gusha

1. L'Amour survie : le piège des compensations et du sentiment de séparation

Couverture du livre Tant pis pour l'amour
Tant pis pour l'amour

Dans l'expérience ordinaire du couple, une fois passée la phase d'idéalisation, l'Amour s'élance fréquemment depuis la « douleur de vivre séparé ». Prise au piège de l'anxiété et de l'insécurité relationnelle, la relation bascule dans un régime de survie.

L'Amour survie se caractérise par la rencontre de deux réactivités miroirs.

La contraction défensive

Pour se protéger de la blessure, l'esprit érige une haie d'épines, se retire dans le grand sommeil de La Belle au bois dormant, par le mutisme ou par une vie de compensations pour tromper le non-sens de ce qui est vécu.

La dispersion anxieuse

Déstabilisé par ce retrait, l'autre pôle s'épuise dans la volatilité émotionnelle, lançant les exigences de son désespoir qui viennent se heurter, comme dans L'Ondine dans son étang, au miroir froid et immobile de l'étang.

Tant que l'être cherche des garanties extérieures ou mène le combat en restant centré sur sa personne, l'expérience amoureuse reste une succession d'assauts vains qui privent le couple de la plénitude promise lors de la rencontre.

2. Le seuil de transmutation

La métamorphose du lien ne survient pas en forçant l'armure de l'un, comme les princes qui essaient de traverser la barrière d'épines pour rejoindre la belle. Et ce n'est pas non plus en alimentant la tempête émotionnelle de l'autre, car l'oracle nous le dit : « il faut être deux pour se quereller ».

Cette situation exige de basculer dans une Présence.

L'un ou l'autre, et encore mieux en synchronicité, devient le Veilleur de l'infini en cessant d'être le miroir du grief de l'autre. Une attention globale s'ouvre pour que se déposent d'elles-mêmes les turbulences, sans dégâts.

Ensemble ils appliquent la grande Loi de transfiguration de Mushkil Gusha, « celui qui aplanit toutes les difficultés », en acceptant que la crise n'appartient pas à deux personnes séparées. Cette difficulté appartient à l'Ensemble, c'est-à-dire à plus grand que soi, et apparaît dans un champ d'expérience individuel pour être traitée par l'Un. John Wheeler l'appelle l'univers participatif*.

Ce chemin se parcourt mieux accompagné que seul.

Réserver une séance

3. L'Amour absolu : la fusion avec l'Un et la fécondité du lien

Couverture du livre La Sagesse d'un Chien Perdu Nommé Jake, de Brigitte Finkiewicz
La Sagesse d'un Chien Perdu Nommé Jake, Brigitte Finkiewicz

Dès lors, l'Alliance peut se sceller dans la conscience unitaire inébranlable.

La relation devient semblable à Fuseau, navette et aiguille. L'aiguille est nue, elle relie et habille le quotidien de tentures de lumière et de sacré pour nourrir la relation, et si elle pique, c'est pour coudre et relier.

Les conjoints ne se font plus face dans l'affrontement des ego, mais ils deviennent les témoins émerveillés d'une vie numineuse qui s'incarne entre eux, à bas bruit, au cœur des imperfections de l'existence. Le couple devient un sanctuaire de paix où s'élève naturellement la louange de l'amour et de la conscience.

4. Illustration pratique

La situation et le déclencheur des deux réactivités

Les deux protagonistes de l'histoire, encombrés par des contrariétés au travail, répètent avec amertume combien l'attitude d'un autre a saboté leur travail. Une réaction peut être d'ériger un mur de silence impénétrable, la haie d'épines de La Belle au bois dormant. Face à ce retrait soudain ou insidieux, pouvant s'étaler dans le temps à la faveur d'une désynchronisation de la communication, le mental de l'autre bascule dans la peur du rejet et la turbulence émotionnelle visible et animée, comme dans L'Ondine au bord de l'étang.

L'Amour survie reprend son scénario. Ou bien...

Faire un arrêt conscient : le point zéro

Au lieu de céder à l'impulsion de forcer le mutisme ou de laisser la vague émotionnelle déferler, vous identifiez ensemble, si possible, la situation comme une contraction de votre perception et non une menace de votre union.

Et faire ensemble l'exercice qui sort de l'engrenage binaire de la double réactivité, de la façon suivante.

Le point zéro, c'est la situation de contraction : la nommer et la ressentir au milieu de la poitrine, puis prendre quatre points de vue sensoriels. Visuel, sonore, corporel, et la conscience lucide de son être en train de faire l'exercice. C'est ce qu'on appelle la ronde des points de vue. Cela ne sert à rien, sinon à desserrer l'étreinte de la pensée souffrante.

Par exemple : le chagrin de l'incommunication, je le ressens. Le chant d'un oiseau, je l'entends. La respiration, ma poitrine gonfle et dégonfle. Et tourner dans ces sensations jusqu'à s'observer en train de le faire.

La ronde des points de vue mène à ce qu'on appelle une présence réceptacle. La vague d'insécurité se dépose dans cet espace vaste du cœur, au milieu de la poitrine, sans déborder ni agresser. Mutisme et volatilité émotionnelle perdent leur fonction de défense.

Alors des signes ou un sens peuvent apparaître, que l'on n'avait pas vus avant. C'est la manière dont l'univers entre en contact avec nous pour guider nos pas dans le chaos de l'existence.

Pour l'exemple ici

Lors d'une balade solitaire après la discorde, l'un des protagonistes croise une route qui s'appelle « Impasse de la confiance ». Étonnante coïncidence, qu'il faut interroger. La confiance peut-elle connaître l'impasse ? En se laissant inspirer par les évènements antérieurs, ce qui surgit, c'est plutôt qu'il n'y a pas d'autre route que la confiance dans l'impasse de la discorde. Cette confiance est d'un autre ordre.

Les protagonistes prennent conscience que leurs initiales sont HM, résonnant avec HaShem*, venant couronner leur rencontre en faisant vibrer la grande phrase de dépossession de la culpabilité exposée dans Mushkil Gusha, celui qui aplanit les difficultés, en utilisant la vibration de ce mantra :

Cette tension, son retrait mutique et ma volatilité émotionnelle n'appartiennent pas à nos personnes séparées. Elles appartiennent à l'Ensemble, apparaissant entre nous pour être transfigurées par la clarté et le pouvoir de HaShem.

Ce mantra est la prière ou la formule magique dans l'esprit du conte merveilleux du couple, car les contes sont un univers quantique où la réalité émerge de ce que nous vibrons et émettons.

Enfin, ne pas oublier de s'ouvrir au cocasse du cœur. Ça peut aider.

* L'univers participatif : hypothèse du physicien John Archibald Wheeler selon laquelle l'observateur ne se contente pas de constater la réalité, il participe à son émergence.

* HaShem : littéralement « le Nom », désignation de la divinité en hébreu, à laquelle l'un des protagonistes est sensible.

Tous les articles Réserver une séance